Apres 25 ans de tatouage, bernard lompre se dédie a la peinture d'art

Erik Lompré dessine votre futur tatouage

Dessin psychographique

Ethnologie – Partie 5

La légende de Kena

 

Elle était chantée par le tahua scandant ainsi le rythme: tap- tap- tap- du maillet battant le peigne à tatouer. Pendant que le tahua « faisait la musique », il accompagnait le rythme tap-tap-tap, d’une comptine. On retrouve la chanson de geste des troubadours moyenâgeux

Bien des légendes se rattachent à l’aspect religieux du tatouage. Pendant l’opération du tatouage, le tatoueur et le tatoués sont sous la protection du dieu Hamatakee, pourtant le dieu du Tahua et des Arioris est connu pour être Tohu.

 

La légende de Kena, dieu associé à la pratique du tatouage, peut expliquer la nature composite des motifs eux-mêmes

La mère de Kena, Tiahee, pendant de nombreuses années donna naissance à des enfants prématurés. Disons plutôt des morceaux d’enfant. Des bras, des jambes, des troncs, des mains, jusqu’aux yeux et aux oreilles qui naissaient séparément, tous vivant mais ne formant pas un ensemble cohérent.

 

Enfin, après de longues années d’attente, Tiahee donna naissance à un garçon en entier tout à fait normal sur tous les points de vue. Tiu, le père était fou de joie et appela son fils Kena; il se réjouissait qu’un jour Kena serait un homme capable de l’aider à aller à la pèche ou au jardin potager.

 

Malheureusement, quand Kena est devenu grand, il était un garçon extrêmement paresseux qui n’arrivait même pas à se mettre debout. Après bien des tentatives de persuasion et des menaces, le père le jeta hors de sa maison, pendant un accès de colère.

Alors qu’il était en train de partir, toutes les pièces détachées, ses frères et sœurs se mirent à pleurer et à l’appeler. Leur mère avaient placé les parties vivantes dans un panier suspendu à la charpente de la maison. Elles voulaient toutes s’en aller avec Kena.

C’est ainsi que Kena les pris avec lui, et s’en fut à l’aventure vallée après vallée, ses parties de frères et sœurs le conseillaient et l’encourageaient. Il devint ainsi un grand héros en conquérant tous les titres d’habilité dans le maniement des armes, le lancer de javelot et beaucoup, beaucoup d’autres sports ou jeux d’adresse. Il avait en permanence avec lui ses frères et sœurs qui lui disaient dans quelle position il allait dominer, et comment gagner. C’était beaucoup grâce à cette aide qu’il était toujours vainqueur.

 

Alors il fut à Taaoa et se maria avec sa jolie cousine Teofio. Un jour il alla à la mer et se mit à jouer avec sa planche de surf pendant des jours et des jours. Quand il rentra chez lui, il était entièrement couvert d’algues gluantes, sa femme l’abandonna avec dégoût. Il partit, errant à l’aventure, se remaria plusieurs fois, de place en place, et, enfin, il atteint Atunoa où une grande princesse était en train d’organiser la séance de tatouage de son fils aîné. Kena décida alors d’en profiter pour obtenir un magnifique tatouage et retourner conquérir sa première épouse Teofio.

 

En premier lieu, par un tour de magie, il se fit aussi petit qu’un enfant, afin de passer inaperçu. Ainsi, il reçu, en sept jours, un costume complet, finement tatoué. Ce qui aurait été impossible pour une personne normale; un tel costume aussi délicatement tatoué aurait pris sept années ou plus. Kena, avec sa magie, était capable de le supporter. Chaque soir, il couvrait de suies son nouveau tatouage, jusqu’à devenir entièrement noir à la fin des tatouages.

 

Il reprit sa taille normale et regagna la maison de son père. Là, il bâtit un grand bassin carré en pierre de lave et se baigna dedans, se lava, et regagna, à la nuit, la maison de ses parents.

 

Quand il arriva devant la maison, un éclair illumina la silhouette, en l’éclairant, du bras jusqu’à l’aisselle. Qu’est-ce que c’est que çà ? s’écrie sa mère! Je pense qu’il s’agit de notre fils répondit son père.

 

Il était alors le bienvenu.

 

Il devait se procurer des cochons et du poisson, du poipoi et des fruits, pour apporter à Atunoa pour la grande fête qui célébrait la fin du tatouage.

 

Le jour suivant sa mère fit la tournée des maisons amies et dit à Kena, Retournes à Atunoa, quand ce sera le jour des offrandes, la population du village apportera tout ce qu’il faut pour la fête et l’apportera à la maison de tes compagnons les Arioris. Ainsi Kena s’en fut et donna les présents.

 

Le matin de la fête, la mère décora son fils d’une belle parure de plumes noires d’oiseaux rares, relevée d’une plume rouge sacrée… De plus il vêtit: Un tablier réalisé avec des barbes de vieillards, des boucles d’oreilles en ivoire, un collier en dents de cachalot, des plumes et guirlandes faites en cheveux nouées aux chevilles.

 

Sa première femme Teofio était avec les autres femmes. Ce fut une grande fête, avec danses, chants, musiques, et surtout le grand tambour qui battait pendant qu’ils montraient leurs nouveaux tatouages à la foule.

Kena fut le plus beau de tous. Quand vint la fin de la nuit, Teofio vint du côté de Kena. Kena lui dit: viens à moi;

 

veux-tu que nous soyons réunis à nouveau ?

 

Teofio accepta…

Ethnologie - Partie 4
Austronésiens, Marins, Canibales et Tatoués