Bernard Lompré

Tatouages, Permaculture et Spiritualité

En pratique

Un second souffle

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dépêche de Tahiti – 8 octobre 1995

Le second souffle de la mode du tatou

 

Le tatou encore interdit ?

 

Le tatou est resté interdit depuis l’époque des missions jusqu’à ce jour.

 

Quel législateur s’est penché sur le fait de faire abolir cette antique loi tombée d’elle-même en désuétude ?

 

La mode des années 78-90 Dans les années 78 à 90, un déferlement de mode du tatou a submergé la Population Tahitienne, beaucoup de monde en a profité pour se faire ici ou là une marque permanente dans la peau.

Puis la mode a perdu de son ampleur, les tatoueurs improvisés de l’époque sont beaucoup moins actifs, pendant que d’autres se professionnalisaient comme par exemple le trio Chimé, Christian et Roonui, sous l’influence de Raymond Graffe ont acquis des bases de connaissances dépassant largement le stade de l’amateurisme.

Actuellement Chimé récolte des lauriers dans des manifestations internationales en Europe. Roonui est appelé à montrer son art à Hawaï, Nano, en Nouvelle Zélande. La profession de tatoueur a trouvé un second souffle dans la clientèle touristique et le GIE Tahiti Tourisme qui organise des demonstrations publiques de l’art du tatou.

La manifestation de tatouage publique organisée par Tahiti Tourisme, le vendredi 18 août 95, a eu un tel succès que bien des touristes n’ont pu obtenir satisfaction à leur demande.

 

Une forte demande touristique

Ce regain d’intérêt de la part des pouvoirs publics s’explique par l’évolution de la demande des touristes. En effet ils ne se satisfont plus que de la vue des lagons, ils sont à la recherche d’activités, d’authentique, de vécu.

D’autre part les touristes recherchent des souvenirs plus originaux qu’une statuette de bois ou de pierre, et de quelques paréos, si ils ont la possibilité de vivre une séance de tatouage et d’en revenir définitivement transformés, la valeur du souvenir est incomparable.

 

Un génial coup de pub

Chaque fois qu’il regardera son tatou, chaque fois qu’un tiers lui en parlera, il se souviendra de la Polynésie, des îles, des chants et des danses, et de tout ce qui aura été son séjour ici.

Quelle meilleure publicité que celle qui obligera le porteur du tatou de parler de la Polynésie ?

Et pendant toute sa vie ?

Un tatou emporté par un touriste équivaut à des centaines ou des milliers de dépliants publicitaires, distribués activement par le touriste séduit.

Rencontre avec Roonui