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Ce texte est issu de 22 rencontres disparates mais
amusantes, étonnantes ou encore surprenantes...
Le texte original est paru dans la Dépêche de Tahiti, édition
du Dimanche durant les années 1995 et 1996 |
CHAPITRE 7
Je suis depuis peu à Huahine, l'île au féminin, l'île dotée
d'une baie tournée vers la grande et distante Tahiti, Huahine
l'île double.J'ai acheté quelques crayons feutre noirs et
je commence à me dessiner dessus des motifs copiés ici ou
là. Le résultat est pour le moins bariolé.- Cahier
brouillon !!! Me lance la fille du directeur de l'hôtel, en
pointant du doigt mes essais.
Une gamine de neuf pommes, ronde comme une brioche. Pourtant
"cahier brouillon" attire comme des mouches tous
ceux qui, eux aussi... Tattoomanient.
- Pourquoi avez-vous choisi un papillon ?
- Parce que c'est léger, joli et féminin,
c'est ce qui me ressemble le plus.Ce n'est pas un motif traditionnellement
Polynésien, mais il a été traité avec le style d'ici, en y
intégrant des formes d'art local, et il a été réalisé ici,
il est pour moi absolument Polynésien
- Quelle était votre attitude juste avant
le tatouage ?
- Je n'avais absolument pas peur de la douleur
car je me suis bien préparée, je savais que ça allait être
douloureux, mais comme j'en avais vraiment envie, je savais
que ça valait le coup de souffrir un peu.Quand on s'investit,
il y a toujours quelque chose qui fait souffrir, comme en
amour ou dans le travail, mais il faut savoir ce que l'on
veut.
- Et maintenant que vous avez ce papillon,
quelle est votre attitude ?
- Et bien je pense à ce que disais Coluche
qui disait qu'il fallait tout essayer pour ne pas mourir idiot,
mais moi je pense qu'il ne faut pas tout essayer, mais presque.
Je ne me laisserai jamais aller ni à l'homosexualité, ni aux
drogues dures, mais tout le reste, oui, j'ai soif d'apprendre,
j'aime la découverte, je suis un peu une exploratrice. C'est
comme ça que j'ai fait la moitié du tour du monde pour passer
quinze jours de vacances ici. C'est douloureux vingt trois
heures d'avion, mais ça aussi je le voulais.Nous sommes réunis
assis sur la plage le regard tourné sur les dernières cendres
du coucher de soleil, l'heure grise. Tout devient uniformément
gris, ton sur ton, gris souris sur plus franc, gris pâle dans
le ciel encore , ici ou là, parfois encore, craquelé d'un
feu souterrain. Les conversations vont et viennent, et après
le papillon de nuit vient bien évidemment son ami. |

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