Ce texte est issu de 22 rencontres disparates mais
amusantes, étonnantes ou encore surprenantes...
Le texte original est paru dans la Dépêche de Tahiti, édition
du Dimanche durant les années 1995 et 1996
CHAPITRE 17
Ma recherche systématique dans le but de rencontrer tous
les tatoueurs de Bora m'emmène, une nouvelle fois face à un
artiste un peintre qui aussi réalise parfois des tatouages.
Une de ses jambe est couverte de symboles Marquisiens:
- Comment qualifies-tu les motifs qui sont tatoués
sur ta jambe ? - On ne peut pas vraiment parler de signification
des motifs, je parlerai plutôt de décoration de la peau. Comme
cela était avant, c'était plutôt de la décoration que de la
signification réelle. Quand il y avait signification, c'était
parce que cela ressemblait à des choses réelles, comme poissons,
tortue, hameçon ou des choses comme ça. - Il y a ceux qui disent qu'il ne faut pas
porter les dessins des anciens, qu'en penses tu ? - C'est possible, je croyais ça avant, maintenant
beaucoup moins mais il faut toujours y croire un peu. Il faut
faire attention aux motifs, ne pas les faire n'importe comment
ni les mettre n'importe où. C'est comme celui qui est dans
le creux de derrière le genou, il est fait pour aller là parce
qu'il répond bien à la forme. Le mata hoata doit être mis
dans certains endroits bien définis et pas n'importe ou...
- Que veut dire mata hoata?
- Le mata hoata est un signe de pouvoir, c'est un
peu comme le troisième oeil. Je l'ai mis trois fois dans la
jambe, il y en a un plus abstrait que les autres. Les autres
motifs représentent les forces du vent de la mer, de la nature.
Cette jambe, je l'ai presque entièrement tatouée moi-même,
sauf les parties que je ne pouvais pas atteindre.-
Avec quel type de machine travailles-tu ? - Bien évidemment avec une machine car les
temps ont changé et que c'est plus rapide. En plus, cela fait
moins mal avec une machine que quand il faut piquer à la main.Il
existe un grand nombre de tatoueurs à Bora. Pourtant il existe
un véritable tatoueur tahitien, qui a appris en tatouant ses
copains, dès l'école publique. Qui, depuis plus de quinze
années pratique son art. Famille d'artistes, tous ses frères
sont aussi musiciens, danseurs, et bien sûr, tous tatoués
par le tahua tatau.