Bernard Lompré

Tatouages, Permaculture et Spiritualité

En pratique

Rencontre avec Michel

Avant, Michel travaillait ; maintenant il est fiu, pour occuper son temps il construit son fare, il va à la pêche, plus tard il cherchera du travail, plus tard, car maintenant ce n’est pas le moment. Bibip lui a tatoué la jambe gauche et Michel très fier.

 

La dépêche du dimanche : C’est Bibip qui a tatoué ta jambe gauche, n’est–ce pas ?

 

Michel : Oui, c’est bien lui. Il est fort tu sais, quand on le regarde travailler c’est incroyable comme il est inspiré, il n’hésite pas, il va vraiment très vite.
Là, sur le côté de la jambe, on voit un plat de fruits, un grand plat en bois, mais avec une tortue dedans. De chaque côté ce sont les poignées du plat ?

 

La dépêche du dimanche : Tu dis que tu mets une tortue dans le plat, c’est parce que tu veux la manger ?

 

Michel : Oh ! Mais oui, je veux bien la manger, c’est vraiment bon ça, et tu sais, un pêcheur, quand il peut attraper une tortue, il ne la laisse pas repartir, il pense au bon repas qu’il va faire. Mais ça c’était avant, car maintenant, c’est interdit.

 

La dépêche du dimanche : Et pour tatouer le plat, cela a pris combien de temps ?

 

Michel : Oh ! Même pas trois heures, ensuite nous avons laissé passer deux mois. Il a tatoué le haut, c’était vite, même pas deux heures. Par contre pour le bracelet de cheville, je ne sais pas combien de temps cela a pris parce qu’en même temps on faisait la bringue et qu’il fallait s’arrêter pour prendre le temps de boire une bière et fumer. On s’arrêtait aussi un peu de temps en temps, parce que cela ça fait mal, vraiment mal.

 

La dépêche du dimanche : Où est-ce exactement les coins douloureux ?

 

Michel : Devant, sur l’os et derrière, sur le tendon, c’est vraiment douloureux là, alors que partout sur le reste de la jambe, je n’ai rien senti comme douleur.

 

La dépêche du dimanche : Penses-tu te faire encore tatouer ?

 

Michel : Oui, je vais en faire encore, parce que cela me rend content, très content.

 

La dépêche du dimanche : Comment cela, très content ?

 

Michel : C’est presque impossible à dire pourquoi, mais à titre d’exemple, si tu vois comment les touristes regardent nos tatouages tu te sens fier d’être regardé comme ça.
Tu sais et tu comprends que si tu n’avais pas ce tatouage, ils ne te regarderaient même pas. C’est cette admiration des autres qui me rend très content.
Avec le tatouage et les autres qui te regardent, tu te sens plus fort, et mieux en dedans, mieux en toi-même.

 

Encadré :

 

Dernières nouvelles

 

Le grand prêtre, Raymond Graffe, a accepté de nous livrer quelques secrets de Polichinelle que nous reproduisons ici :

 

La dépêche du dimanche : Quelles nouvelles annoncez vous ?

 

Raymond Graffe : Tout d’abord, il a une date absolument incontournable, c’est le 10 juillet. Nous organisons à l’OTAC une marche sur le feu, tout le monde est invité, il faut venir pour se rendre et tous, marcher sur les pierres incandescentes et faire revivre la puissance de nos traditions.

 

La dépêche du dimanche : Est puisque nous parlons de tradition, qu’annoncez vous, concernant le tatouage?

 

Raymond Graffe : Tu te souviens des trois jours de Tipaerui ? Nous avions célébré comme une grande fête du tatouage, nous recommençons à Pirae, du 28 juin au 20 juillet, les tatoueurs seront présents, et pas des moindres puisque Tavaearii, Roonui, Purotu et Vetea font partie des invités. Nous pouvons être assurés de tatouages de haute qualité avec ces prêtres tatoueurs qui représentent l’élite actuelle du tatouage de Tahiti.

 

La dépêche du dimanche : Toutes les fêtes de juillet, avec le centre artisanal de Aorai Tini Hau, les tatoueurs seront bien demandés. Quelles autres nouvelles ?

 

Raymond Graffe : Une autre date absolument incontournable, c’est le 29 juin, parce que le défilé de la fête du 29 commence avec les Tahiti Bikers en tête. Ça c’est un événement, imagines seulement nos belles Harley Davidson rutilant de tous leurs magnifiques chromes et chevauchées par de merveilleuses femmes aux seins nus.

 

La dépêche du dimanche : Aux seins nus ?

 

Raymond Graffe : Je plaisante un peu parce que les seins nus c’est l’année prochaine.

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