Bernard Lompré

Tatouages, Permaculture et Spiritualité

En pratique

Rencontre avec Go

La Dépêche Dimanche – 17 décembre 1995

La Dépêche Dimanche – 17 décembre 1995

Go est un surnom qui lui vient de son enfance, il est appelé sur le territoire pour faire son service militaire.

 

En service à Mururoa, il dit, en riant, que c’est le Club Med là bas, il y a tout pour les loisirs et une vie agréable, mais le boulot c’est sérieux.

Il profite ainsi au maximum des activités comme la voile, la plongée, la pêche hors du lagon et du ski nautique.

 

Mais il dit qu’il ne connaît aucun tatoueur sur le site. Et c’est ainsi qu’il profite d’une permission pour venir se faire tatouer.

 

La dépêche Dimanche : Comment vous est venu l’idée d’avoir un tatou ?

 

Go : Cela fait très longtemps que m’est venue l’idée d’avoir un tatou, mais en France je ne savais pas quel motif ni quel emplacement choisir, c’est pourquoi je n’en ai pas fait là bas.

 

La dépêche Dimanche : Mais pourquoi un tatou ?

 

Go : c’est pour marquer ma différence, je pense différemment, je vis différemment, et je veux marquer ça.
A Cannes, je suis rentré dans une boutique de tatouages avec un ami qui en voulait un, pour l’accompagner, mais je n’ai rien trouvé qui me plaisait, j voulais quelque chose de différent et ici je l’ai trouvé.

 

La dépêche Dimanche : Et pourquoi à Moorea ?

 

Go : Je suis venu déjà deux fois à Papeete, je suis allé à la recherche de tatoueurs, mais la seule image d’avoir à rentrer dans un immeuble m’a repoussé, ce n’est pas la Polynésie ça.
Moorea c’est calme et agréable, on se sent détendu, c’est une question d’ambiance.

 

La dépêche Dimanche : Est-ce que ça vous a fait mal ?

 

Go : Non, ça pique tout simplement.

Quand j’étais adolescent, je faisais pas mal de sports de combat où l’on apprend à contrôler sa douleur, pendant le tatouage, j’ai fais la même chose, j’ai contrôlé cette douleur et je l’ai transformée en sensation de froid.

 

La dépêche Dimanche : Quel est votre principal sentiment après avoir reçu ce tatouage ?

 

Go : j’étais content, j’étais très content, j’ai fais attention de ne pas le salir, et quand j’ai pris ma douche je l’ai savonné tout doucement en lui parlant, ça fait vraiment plaisir, je ne sais pas trop comment le dire…
Et puis mon tatou est signé, c’est un charme en plus, quelque chose de chouette, je porte vraiment une œuvre d’art.

 

La dépêche Dimanche : Vous sentez-vous un homme différent maintenant que vous avez reçu votre premier tatou ?

 

Go : Non pas du tout, je n’ai absolument pas changé perce que j’ai un tatou, c’est simplement quelque chose qui symbolise mon passage en Polynésie.
Quand je suis arrivé sur le territoire, je ne connaissais rien d’ici, mes premières impressions ont été les odeurs de fleurs et les gens tatoués, j’ai trouvé ça magique.
Mon tatou, c’est prendre un peu de la magie d’ici avec moi.
C’est un peu comme quand j’étais en Egypte, où j’ai rencontré une autre mentalité, un autre art de vivre, l’accueil incroyable des musulmans, j’en ai rapporté de nombreux souvenirs que je collectionne chez moi.
Mon tatou Polynésien, c’est un souvenir d’ici, dans trois mois je rentre en France, mais avec ce tatou, j’aurai chaud au cœur tout le reste de ma vie.

 

Bernard Lompré

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