Bernard Lompré

Tatouages, Permaculture et Spiritualité

En pratique

Polynésien

 

Le tatouage polynésien était pratiquement éteint il y a 50 ans, sauf aux îles Samoa, où, dans les montagnes, quelques irréductibles Samoans conservaient les traditions et secrets de bouche de druide, euh… de bouche de Tahua à oreille de Tahua… Le sorcier polynésien.

 

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L’évolution culturelle a été impulsée par le danseur-étoile Tévé de Tahiti, qui a été aux Samoa se faire tatouer intégralement pour apparaitre sur scène. Il a alors généré un véritable électrochoc culturel, cela se passait dans les années 1980

Tatouage-polynesien-style-lompre (3)Soudain, tout le monde s’est mis à (se) tatouer artisanalement avec des aiguilles à coudre et de l’encre de chine. Les anciens livres sont sortis des bibliothèques. Ils se rendirent alors compte qu’il ne restait quasiment aucun témoignage écrit concernant les tatouages. En effet, les polynésiens se transmettaient le savoir via une tradition orale séculaire. Les rares documents disponibles émanaient du travail d’un ethnologue allemand, Karl von den Steinen, qui précise dans son introduction, que déjà en 1890, il arrive avec cent années de retard pour expérimenter le tatouage vivant.

 

Le rouleau compresseur culturel du christianisme avait déjà commis l’irréparable.

 

Tatouage-polynesien-style-lompre (10)C’est donc avec très peu de documents que la renaissance du tatouage polynésien s’est opérée. Tout d’abord en Polynésie française, grâce à Tévé, puis à l’international, grâce à ma présence dans les principales convention Européennes et dans la presse spécialisée (Tatouage Magazine)…

L’internationalisation lancée, les autres archipels polynésiens s’intéressaient aussi à leur identité culturelle au travers du tatouage, Hawaï, Nouvelle Zélande, puis plus tard, Tonga, Ile de Pâques, îles Cook… Chaque archipel reconstituait avec ferveur et revendiquait sa propre identité graphique…

 

La triste fin de cette belle histoire est l’évolution vers un grand mélange sans souche culturelle précise. Les styles de tous les archipels ont été récupérés par un grand nombre de tatoueurs généralistes qui le tatouaient sans prendre en compte l’essence profonde, les origines, les signifiés, etc… Ils sont incapables de comprendre le carnage culturel qu’ils font en incluant du gris, des dégradés et même des couleurs à des compositions où tout est mélangé! Les motifs des samoans mélangés à des motifs marquisiens avec un peu de hawaïen… On obtient alors une énorme soupe de motifs mêlés, abâtardis de dégradés de gris qui est, malheureusement, le style polynésien actuel.

 

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En marge absolue de cette tendance, et en tant qu’élève du grand Maître Raymond Graffe de Tahiti, j’ai créé mon propre style sur une base graphique issue des iles de Tahiti, Raromataï et Marquises.

Ce style, qui m’est propre, respecte l’identité culturelle de ces îles, mais inclut aussi des éléments qui n’existent pas à la base du tatouage polynésien, c’est à dire la poésie, le romantisme, les fleurs et la légèreté graphique…