CHAPITRE 4 ... Le tatouage marquait le rang social:
Le tatouage était réalisé à la
puberté pour marquer la maturité physique et
sociale. Les jeunes gens tatoués, homme ou femmes étaient
de loin plus demandés en mariage. En fait, un homme
non tatoué avait toutes les difficultés à
trouver un parti, non seulement parce qu'il était moins
attirant, mais aussi car le tatouage montrait à la
fois son rang social et sa santé physique. Il était
un signe de santé et d'endurance. C'est ainsi que les
chefs et les guerriers avaient les motifs les plus élaborés.
Quelques motifs sont ainsi connus pour avoir appartenu à
une classe sociale particulière. Des spirales dans
la prolongation des yeux se retrouvaient chez tous les guerriers.
Des spirales appelées kakoata sur le front et les tempes,
indiquaient la marque du chef.
Il existait de même des compagnies de banquets qui
se distinguaient par des marques tatouées sur la poitrine.
Ce serait comme si la grande famille, incluant servants et
personnel du roi ou du chef disposait de privilèges
alimentaires, et seraient distingué par un tatouage
identique sur la poitrine.
Le tatouage facial
Il était indicatif de l'appartenance à une tribu. Le paheke
est une caractéristique de Nuku Hiva; deux bandes horizontales
nommées ti'atiapu, une caractéristique de Hiva Oa; et ihuepo
était prédominant à Fatu Hiva, et marqué par une bande centrale
qui couvre les narines. De grands triangles faciaux étaient
associés avec les habitants de la vallée de Taipivai; et enfin
un large cercle sur le visage caractérisait ceux de la vallée
de Taiohae.
Tatouer le fils du chef:
Un riche individu devait épargner durant des années
afin de pouvoir financer le tatouage de son fils aîné.
Non seulement il devait payer le cachet du Tatoueur, mais
aussi faire face aux dépenses alimentaire du tatoueur
et de ses assistants; aussi bien que la troupe des arioris
qui construisaient les maisons destinées au tatouage.
Différentes maisons étaient construites pour
la durée de l'opération: une maison d'habitation,
un lieu de repas communs, le salon de tatouages proprement
dit, et la maison du tatoueur et de ses assistants.
Ces maisons seraient détruites à la fin des
opérations, puis une grande fête sera organisée
au cours de laquelle les nouveaux tatouages seraient dévoilés.
Pourtant, jusqu'à la fin totale des tatouages, un
onguent jaune vif était étalé sur les
nouveaux motifs afin de les masquer complètement. Les
îles marquises seraient le seul archipel du Pacifique
à pratiquer cette coutume.
Le tatouage était un processus lent, des périodes
de repos étaient indispensables pour récupérer
du choc de l'opération. Pendant que le fils héritier
était le principal sujet d'attentions, ses frères
et sœurs, les assistants et les arioris, pouvaient aussi
recevoir leurs tatouages pendant que le fils héritier
se reposait.
Le tatouage d'un fils de chef, était d'une importance
capitale, la cérémonie était chargée
de pouvoir occulte, de mana: Un concept qui se rattache aux
puissances supranaturelles. La tête et le sang sont
deux éléments toujours liés au pouvoir,
au mana, et puisque le tatouage fait usage des deux, il est
assujetti à un strict éventail de tabous et
de restrictions.
Purification et abstinence
Avant toute chose, le futur tatoué devait suivre une période
de purification rituelle. Ceci se développait en terme de
fête durant un laps de temps défini, puis en abstinence jusqu'à
la fin des opérations. Les parents devaient s'éloigner du
lieu de tatouage. Le tahua et le sujet étaient les deux soumis
à de puissants tabous pendant toute la période, qui parfois
durait six semaines ou plus.
Il était interdit de consommer certains aliments, comme la
viande de porc, ou encore cette boisson narcotique appelée
Kava. Il était recommandé de boire le moins possible, pour
éviter les risques d'inflammation. |